(DOCUMENTS) – SUITE ET PAS FIN DE L’AFFAIRE COLONEL KÉBÉ (PAR IDRISSA FALL CISSÉ)

D’après le journal l’OBSERVATEUR du 20 Mars 2019 l’audience de l’affaire du Colonel Kébé est vidée après délibération le 24 août 1999. Il a été condamné 15 mois de prison ferme avec mandat de dépôt. Mais ce qui est bizarre moy juste à la fin de sa condamnation le Monsieur reçoit les félicitations de la
Hiérarchie c’est à dire le Chef d’Etat Major Général des Armées (CEMGA) le 28 Décembre 2001.

Selon toujours L’Observateur, le colonel Kébé avait été mis en cause dans des scandales d’harcèlement sexuel, d’attentats à la pudeur en 1985. Cette année plusieurs soldats avaient porté plainte contre lui pour des histoires de mœurs. Il était à l’époque Commandant de la 11e compagnie des Fusiliers-voltigeurs ( Cfv) et Commandant de la Place d’Armes de Kédougou. Le chef de cabinet du Chef d’Etat-major général des Armées (Cemga) d’alors, regrettait dans un rapport que les faits reprochés à l’officier n’aient pas été bien sanctionnés mais le ministre des forces armées d’alors Medoune Fall écrit au colonel en moins d’une année une lettre de satisfaction et de remerciement ou on pouvait y lire: ‘’Malgré toutes les difficultés rencontrées surtout au point de vue logistiques, il a été remarqué la disponibilité et l’esprit d’initiative qu’il (Le Colonel Kébé) a fourni en se substituant à l’autorité administrative locale pour l’organisation du recrutement et il est sûr que si les opérations de recrutement se sont bien déroulées c’est surtout grâce à cet officier. C’est pourquoi l’administration des forces armées lui témoigne toute sa satisfaction pour le travail remarquable accompli et l’encourage à persévérer dans cette voie’’

En 1992 le même colonel, officier à l’époque accusé d’harcèlement sexuel est le major du concours d’admission du diplôme d’aptitude au grade d’officier supérieur (DAGOS). Quelle ARMÉE !!!

Donc le journal s’est basé sur le réquisitoire du procureur qui demandait 15 mois de prison mais pas sur le délibéré du juge. Le Colonel, Capitaine à l’époque a été purement et simplement relaxé et le soldat plaignant a été radié des rangs ?

Le principal problème de la presse sénégalaise c’est que la précarité a fini de gangrener le milieu notamment les journalistes, avec l’absence de business plan viable et le manque de formation omniprésent. Les hommes de médias sont facilement manipulables, soit par méconnaissance des règles du métier, soit par la boulimie des billets de banque. À la place de patriotes engagés, curieux et amoureux de leur travail, nous voyons des mercenaires de la plume ou du clavier, de vrais chasseurs de primes à la place de grands journalistes. La presse sénégalaise doit s’élever. La presse sénégalaise ne produit rien (pas de documentaires, pas d’enquêtes, pas de dossier spécial, pas d’investigation etc.) Juste se limiter à modérer des joutes verbales entre pouvoir/opposition et à jouer au sensationnel: Idy a Touba, Macky gagne son bureau de vote, Sonko présente sa femme, Mareme Faye en tournée dans la banlieue, Karim appelle Omar Sarr, Khalipha sourit en prison.

Idrissa Fall Cissé journaliste d’investigation

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