Hindou Dièye, la danseuse heureuse à Bruxelles, prépare sa reconversion

Hindou Dièye, la danseuse heureuse à Bruxelles, prépare sa reconversion C’est à l’âge de 14 ans qu’elle avait commencé à danser ; ceci, malgré l’opposition de ses parents. Ils ne pouvaient supporter de la voir piquer des crises et vomir du sang à chaque fois qu’elle revenait de ses séances de ballet à la Patte D’Oie avec le groupe « Banaya ». Mais Fatou Ndiaye Dièye, de son vrai nom, s’entêtera. Son art sera sauvé par Serigne Idaly, fils de Serigne Modou Faty Khary Mbacké, qui réussira à convaincre sa famille. Ainsi, celle que son quartier dakarois de Bastos appelait Fatou Ndiaye Hindou, à cause de son teint très clair, put continuer à fréquenter le Banaya. C’était sous la protection de Khalifa Konté, qui par la suite l’accompagnera à l’Ecole des Beaux Arts. Quand Moudra Afrique ferma ses portes, elle ira répondre aux sons des ballets, au 2ème étage d’un immeuble sis à la Route de Boune. C’était sous la direction de Khalifa Dramé. Ainsi finira-t-elle par être repérée par le chanteur Salam Diallo, qu’elle continue d’appeler « Papa ».

Car c’est le « Roi du Nokoss Band », qui devait aller jouer à Saint-Louis, qui la mettra en relation avec les « Amazones » de Dakar. Ainsi finira-t-elle par vivre sous le même toit avec Oumou Sow et chez celle-ci, qu’elle considère comme sa sœur et avec laquelle Hindou dansait au premier rang. Quand elle surgissait au « Ravin » de Guédiawaye, où se produisait leur groupe, le public s’écriait « Hindou est arrivée ». Le surnom lui collera à la peau. Son talent lui avait d’abord ouvert la porte de la scène musicale. Son premier clip c’était avec Pape Ndiaye Thiou, qu’elle affectionne comme un frère. « Il m’a beaucoup appris », explique-t-elle. Nous sommes dans les années 2004. Elle figurera dans le clip d’une production, à l’époque, du chanteur Yves Niang. Ce qui lui vaudra l’estime d’Oumou Sow et des autres Amazones, auxquelles celle-ci recommandait d’avoir « partout de la class ».

Si Hindou ne cache pas son amitié avec Ndèye Diaw, qui l’a ainsi surnommée, et son estime pour Pape Moussa, qu’elle considère comme « une référence » dans leur métier, elle tient à préciser que « je n’ai jamais eu de problème avec une quelconque danseuse. J’ai les meilleurs rapports avec Aïssatou Cissé, comme Ndèye Guèye et les autres. Nous avons évolué harmonieusement entre 2004 et 2006 » Ses prestations dans le domaine du showbiz lui vaudront la confiance du chanteur Abdou Guité Seck. Avec celui-ci, qu’elle considère comme « un attentionné frère », ils feront le tour du monde. En 2010, Hindou renouera avec les ballets, qu’elle aime « au-dessus de tout ». C’est ainsi qu’elle se retrouvera avec le « Fambondy » en Europe. Mais après leur tournée, elle choisira d’y rester.

Le groupe tentera de s’y opposer, autant que sa mère. Cependant sachant que les dès étaient jetés, cette dernière lui exigera de s’envoler pour La Hollande. Car le frère de son ex-mari à elle y vivait. Il est le père de son fils Petit Laye, qu’elle affectionne autant que Fatou Bâ, fille de sa défunte sœur, qu’elle a adoptée après le décès prématurée de cette dernière. En Hollande, Hindou connaîtra quand même « la galère », puisqu’y ayant vécue une nuit « de froid et de pluie » à la belle étoile. Ce sera un Guinéen qui la sauvera. Alors Hindou fera cap sur la Belgique. Elle y vit avec son frère de même père et mère Vieux Dièye. Ils y ont des écoles de danse, courues par « les Toubabs ».

Elle travaille aussi dans un restau à Bruxelles. Le bonheur lui a sourira, puisque c’est dans ce pays qu’à la fin du mois de Ramadan dernier qu’elle est redevenue Mme Diop. « C’est le meilleur souvenir de ma vie ». Son mari, qui la couve et épaule est un musicien. Un Sénégalais, expatrié, comme elle. Quel est son mauvais souvenir ? Hindou : « Je préfère ne pas en parler, puisque j’ai pardonné, même si je ne peux pas oublier ». Le fait d’un compatriote ? Elle finit par le reconnaître.

C’était pour conseiller à ceux qui sont tentés par l’aventure de « ne pas prendre le risque d’atterrir en Europe, sans avoir de papiers et s’âtre assurée au préalable d’une bonne planque. Car la vie n’y est pas du tout rose, surtout pour les sans papiers et profession ». Des projets de retour au pays ? Hindou de marteler : « Forcément. Car j’y ai ma mère et mes deux enfants. C’est pour eux que je me décarcasse ». Son avis sur les danseuses sénégalaises de maintenant ? « Celles de ma génération étaient attachées à la pudeur, puisqu’ayant des repères. Mais maintenant beaucoup oublient que l’expression « partie intime » n’est pas gratuite ». Ce que démontre Hindou, même en dansant le Sabar. Un art qu’elle dit « inné » en elle. Tout comme le sport, qu’elle continue de pratiquer. C’était pour révéler qu’elle est tellement attachée à l’exercice physique qu’elle s’entraînait « dans la même salle que le lutteur Modou Lô ». C’est donc dire que danse et sport vont ensemble, pour Hindou, qui naquit en 1978 à la Croix Bleue de Dakar. Aujourd’hui, elle tient droite et chemine tranquillement vers la quarantaine et prépare sa reconversion, puisqu’il faut « y penser à temps ».

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