Appel à la réconciliation: Pourquoi le clan Barth a « brûlé » la main tendue de Tanor ?

Lappel à la réconciliation du Parti socialiste fait couler beaucoup d’encres et de salives.  La dernière sortie de Barthélémy  Dias  n’augure, pourtant, pas d’une retrouvaille, en tout cas dans l’immédiat.  Les pro-Khalifa  ne semblent pas disposer à fumer le calumet de la paix. Mais pourquoi ?

« Nous dénonçons ce socialisme de caserne et combattons ce socialisme d’occasion…où l’engagement s’efface devant l’arrangement; où on préfère s’accommoder plutôt que de rompre…Nous optons et luttons dignement pour un socialisme de conviction et d’ambitions, pour un socialisme de principes et de valeurs. Vive Khalifa. »  Ce post de Barthélémy Dias sur sa page Facebook ne souffre d’aucune ambiguïté. Il est clair que les partisans de Khalifa Sall ne sont pas dans les dispositions d’enterrer la hache de guerre. Une décision qui se fonde surtout sur l’âpreté de la bataille pour le contrôle du Parti socialiste et la profondeur des blessures encore vives.

La violence de la lutte n’a eu d’égale que la virulence des propos échangés par les différents protagonistes.  Oui, les mots ont volé bas, si bas que les muscles s’en sont mêlés. Ce fut le cas le 05 mars 2016. Ce jour là, la maison du Parti socialiste a été le théâtre de violents affrontements entre les deux camps. L’origine de la discorde ? Le référendum de 2016 où Ousmane Tanor Dieng avait décidé de voter « Oui », là ou son principal challenger Khalifa Sall avait opté pour le « Non ».

Les frères socialistes s’offrent alors en spectacle et actent ainsi leurs divisions. La réunion se termine en queue de poisson. C’était la dernière fois que Khalifa Sall et Ousmane Tanor Dieng se voyaient. En homme politique avisé, ils venaient de se rendre compte que la lutte sera « sanglante ».

Avant ces incidents de 2016, les deux fauves de la politique sénégalaise s’étaient déjà mesurés en perspective des élections locales de 2014. Khalifa Sall, alors Maire de Dakar, s’était démarqué de Benno Bokk Yakar (BBY), donc de Tanor, pour diriger sa propre liste. La coalition Taxawou Dakar va réussir à battre la majorité présidentielle dans la capitale sénégalaise. La voie semblait ainsi toute tracée pour Khalifa Sall jusqu’à ce que la Justice le rattrape.

Le Maire de Dakar est épinglé par un rapport de l’Inspection générale d’Etat (IGE) qui le soupçonne de malversations financières.  Khalifa Sall est arrêté à quelques encablures des élections législatives de 2017. Ses partisans crient au complot et indexent Macky Sall et son allié Ousmane Tanor Dieng. Ces derniers sont accusés de vouloir briser l’envol politique de Khalifa Sall.

En prison, le Maire de Dakar dirige la liste de la coalition Manko Taxawou Sénégal lors des législatives et réussit à se faire élire député. Son immunité parlementaire est vite levée (injustement selon ses partisans).

Khalifa Sall est traduit devant le tribunal de grande instance de Dakar qui le condamne à 5ans de prison ferme. Les revers s’enchainent pour l’édile de la capitale sénégalaise. Déjà exclu du Parti socialiste, il est révoqué de son poste de Maire puis radié de l’Assemblée Nationale. Sa candidature à la présidentielle est également rejetée par le Conseil constitutionnel.

Durant toute sa descente aux enfers, les partisans de Khalifa Sall ont, sans cesse, accusé Ousmane Tanor Dieng d’être au centre du « complot ».  Bref, les blessures entre les deux camps sont si vives qu’une réconciliation serait difficile. En tout cas dans l’immédiat.

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