Athlétisme: nouveaux soupçons de corruption pour l’attribution des Mondiaux

L’athlétisme continue d’être empêtré par des soupçons de corruption. Ce vendredi 18 novembre, le quotidien français Le Monde révèle qu’il y aurait eu des mouvements financiers avant l’attribution des Mondiaux. Des sommes auraient été versées par Oryx Qatar Sports Investments (QSI) à la société Pamodzi Sports Consulting (PMD), appartenant à Papa Massata Diack, fils de Lamine Diack, ancien président de l’IAAF durant 16 années.

Le Monde affirme que QSI a réalisé deux importants transferts d’argent vers la société détenue par Papa Massata Diack, pour un total de 3 499 950 dollars, un peu plus de 2,5 millions d’euros à l’époque des faits en 2011.

Le Qatar a-t-il payé pour avoir l’organisation des Mondiaux ?

Est-ce que cet argent a servi à monnayer l’attribution des Mondiaux d’athlétisme ? Le Monde, qui révèle l’existence de ces virements, n’a toutefois pas la réponse. Il y a des coïncidences entre les dates, mais rien de concret.

Ce que l’on sait : Oryx QSI, un fonds d’investissement de l’Etat qatari, aurait versé le 13 octobre et le 7 novembre 2011 de l’argent à la société Pamodzi Sports Consulting. En effet, le Qatar voulait organiser les Mondiaux de 2017, dont la décision a été prise fin 2011. Les Qataris n’ont toutefois pas remporté l’organisation. Ils finissent par obtenir ceux de 2019. A l’époque Papa Massata Diack était le consultant marketing, jusqu’en 2014, de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), dirigée par Lamine Diack. Pour l’instant les principaux intéressés ne se sont pas exprimés.

Les Diack toujours au centre de l’affaire

Le nom de Papa Massata Diack n’est pas inconnu, en effet lors du scandale contre son père, son nom est revenu avec insistance. Un mandat d’arrêt international a d’ailleurs été émis, mais la demande d’extradition a été rejetée par la justice sénégalaise car « le Sénégal ne livre pas ses enfants », affirmait le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne à l’Assemblée nationale.

Lamine Diack devrait être convoqué chez le juge lundi prochain 21 novembre à Paris et pourrait être libéré s’il paye sa caution. Il a été mis en examen il y a un an, après le scandale de corruption dont il a été l’objet. Il aurait reçu 1,5 million d’euros. En échange, Lamine Diack se serait engagé à couvrir les pratiques de dopage de la Russie et retarder des suspensions d’athlètes russes.

L’année dernière, le nom de Papa Massata Diack était déjà présent dans l’affaire avec les autorités russes, mais il n’a pas souhaité répondre aux questions de la justice française. Il est actuellement au Sénégal et refuse de quitter son pays. Il a affirmé à plusieurs reprises, aux médias et à la police sénégalaise, que les sommes reçues par la Russie étaient en relation avec des accords commerciaux et n’avaient rien à voir avec de la corruption.

Soupçons sur les deux dernières attributions ?

Des soupçons de corruption sur les deux dernières attributions des Mondiaux. Doha, de par ces présumés versements, ainsi que d’une promesse de 37 millions de dollars en sponsoring et en droits télévisés pour la compétition, avec sa chaîne BeIN Sports, récolte beaucoup de suspicions, sans compter les soupçons autour de l’obtention de la Coupe du monde 2022 de football sous l’ère du Suisse Sepp Blatter. Mais le Qatar n’est pas le seul mis en cause. La ville américaine d’Eugene a également été soupçonnée autour de l’obtention des Mondiaux 2021.

Sans aucun appel d’offres, l’IAAF a décidé de lui octroyer l’organisation de la compétition. Les suspicions viennent essentiellement des liens de la ville avec la marque Nike, où se trouve le siège, et de l’équipementier avec Sebastian Coe, actuel président de la Fédération internationale. Toutefois à l’époque de l’attribution, le Britannique était vice-président de l’IAAF, et était l’ambassadeur de la marque américaine, étant rémunéré à hauteur de 142 000 euros par an selon Le Monde. Poste qu’il a évidemment quitté, après 38 ans, depuis sa nomination à la tête de l’organisation qui gère l’athlétisme mondial.

Les enquêtes menées par l’IAAF n’ont pour l’instant rien donné. Celle sur le Qatar a été clôturée le 24 octobre 2016, sauf si de nouveaux éléments intervenaient. Quant à Eugene, une enquête préliminaire a été ouverte en France le 1er décembre 2015 sans plus d’avancées. La Fédération internationale d’athlétisme reste, en tout cas, sous les feux des projecteurs quant à des soupçons de corruptions.

 

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