Un film documentaire retrace le parcours de Laba Sosseh

Le cinéaste sénégalais Macky Madiba Sylla et son coréalisateur suisse Lionel Bourqui ont consacré un documentaire à l’artiste musicien Laba Sosseh intitulé ’’El maestro Laba Sosseh’’ décédé à l’âge de 69 ans et considéré comme ’’le plus grand vocaliste de la salsa africaine’’. 
 
Le film dont la projection est prévue ce vendredi soir en avant-première à Canal Olympia retrace le parcours de ce musicien ‘’hors pair’’ décédé le 20 septembre 2007 à Dakar dans un dénuement presque total.
 
Animé par le désir de mieux connaître cette ’’icône’’ de la musique salsa africaine, le réalisateur Macky Madiba Sylla se lance alors dans ce projet avec Lionel Bourqui qui a vécu à Dakar.
 
’’Je ne savais pas qu’il a été le premier disque d’or de la musique afro-cubaine africain, ni qu’il était parti à New-York pour enregistrer un disque. Je ne savais pas qu’il avait vécu en Côte d’Ivoire, ni avait ce succès au Bénin, Togo, etc.’’, a dit Sylla à l’APS pour expliquer son intérêt pour ce film de ’’mémoire’’.
 
Laba Sosseh, ‘’premier disque d’or africain’’, ‘’Maître’’ dans son art d’où le surnom de ‘’El Maestro’’ a eu un parcours ‘’élogieux’’ au regard du film de Sylla et de Bourqui qui connaissent bien l’artiste pour l’avoir écouté dès l’enfance sur les artères du marché Sandaga de Dakar et à travers leurs parents à la maison.
 
Le documentaire sonnant comme un hommage à cette grande figure de la musique salsa débute avec la commémoration à la radio du dixième anniversaire de la disparition de l’artiste avec l’animateur sénégalais spécialiste de la musique cubaine, Djibril Gaby Gaye.
 
’’Je voulais parler de cette génération de musiciens avant-gardistes. Les années soixante sont une époque qui coïncide avec l’âge d’or de la musique sénégalaise. Parler de Laba Sosseh, c’est aussi mettre en lumière ses compagnons de route qui ont écrit les plus belles pages de la musique sénégalaise des années 60-70 et 80’’, a dit l’un des réalisateurs.
 
Il a voulu, fait-il savoir, partager l’histoire de Laba Sosseh avec la jeune génération.
 
Les réalisateurs offrent un voyage dans le temps et en musique avec des titres phares comme ‘’Seyni’’, ‘’Aminata’’, ‘’La bicycletta’’ du chanteur ‘’sénégambien’’ qui a parcouru l’Afrique de l’Ouest.
 
De la Gambie où il est né le 12 mars 1943, en Côte d’Ivoire où il a eu comme femme l’Ivoirienne Thérèse Taba de la célèbre série ’’Ma Famille’’ en passant par le mythique Dakar des années 1970 où la musique cubaine a eu des beaux jours.
 
Laba Sosseh est aussi passé par New-York et Cuba où il a enregistré un disque avec le producteur cubain Roberto Torres.
 
Le documentaire ‘’El maestro Laba Sosseh’’ dont la réalisation a duré treize ans se nourrit de rencontres, de discussions, de témoignages, mais aussi de l’âme des lieux visités tout au long de ce voyage sur les traces de Laba Sosseh avec comme décor principal Dakar.
 
’’C’est en 2007, avant sa mort que j’ai eu l’idée de faire ce film quand j’ai lu l’interview de Mame Sira Konaté dans l’observateur où Laba Sosseh demandait de l’aide pour se soigner. Mais c’est en 2015 véritablement que la réalisation a démarré’’’, a indiqué Macky Madiba Sylla.
 
Les voix de l’animateur Djibril Gaby Gaye, du producteur Daniel Cuxac, Mass Diallo, du chanteur Pape Fall, entre autres, sont audibles dans le film.
 
Il faut toutefois déplorer la non apparition des ténors de la musique sénégalaise à savoir Youssou Ndour qui comme Laba Sosseh a fait les beaux jours du Star band de feu Ibra Kassé, de Ismaïla Lo, et autres.
 
’’Ces gens ont des entourages bizarres, ce n’est pas forcément les musiciens, mais leurs entourages ne comprennent pas l’enjeu. J’ai fait les démarches et relancer à plusieurs reprises. C’est une grande frustration et une déception’’, a dit Macky Madiba Sylla connu par ailleurs sur la scène reggae sénégalaise.
 
Il regrette que des anciens musiciens, artistes et autres citoyens ayant des parcours exemplaires ne soient pas assez valorisés de leur vivant déjà.
 
Ce film musical est aussi un hommage à toutes ces personnes interviewés et qui sont disparus avant la sortie à l’image de Daniel Cuxac. Au-delà du portrait du chanteur, c’est une carte postale de la capitale sénégalaise qu’offrent à voir les deux réalisateurs.
 
’’C’est un voyage initiatique pour mon coréalisateur Lionel qui a fait les images, il a vécu au Sénégal avec ses parents et il y revient 25 ans après. C’est le Dakar culturel, les rues vivantes donnent envie de visiter Dakar’’, fait savoir le réalisateur Sylla.
 
Il travaille déjà depuis décembre 2019 sur un autre projet documentaire intitulé ’’Le Sénégal révolutionnaire au nom de la liberté’’ qui revient sur les évènements de Mai 68.
 
’’Nous avons des projets de films sur Bocandé, sur Khar Mbaye Diaga, etc.’’, a-t-il fait part.

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